
La religion fait partie intégrante de la vie des gens du pays, en témoigne la survivance des pèlerinages et des confréries.
En 951, l’évêque GODESCALC ouvre la voie de pèlerinage en partance du Puy-en-Velay et à destination de Saint-Jacques de Compostelle en Galice espagnole. Cette voie, reliant Conques et le Rouergue, franchit la rivière Allier à Monistrol d’Allier avant de s’élancer vers le plateau de la Margeride. Le passage de la rivière est rendu périlleux par l’absence de pont. Le franchissement s’effectue par de simples bacs, gués, passerelles ou radeaux. Les pèlerins empruntant ce chemin ont l’assurance de trouver un accueil et un hébergement gratuit dans les hôpitaux ou dans les monastères. Fondé en 1145 par l’abbaye de la Chaise-Dieu, le prieuré de Monistrol joue ce rôle d’accueil des pèlerins. Une croix de pierre du XVIe siècle placée devant le chevet possède une représentation de Saint Jacques vêtu en pèlerin, avec la coquille et le bâton appelé bourdon. Les pèlerins faisaient ensuite une halte devant l’abri rocheux de Sainte-Madeleine, occupé par une chapelle troglodyte avant de terminer leur étape à Saugues. Actuellement, la « Via Podiensis» empruntée jadis par les marchands et les voyageurs est encore un lieu de passage des pèlerins et des randonneurs.
A la fin du XIIe siècle, les seigneurs Hélye de Chanaleilles et Hugues de Thoras fondent un hôpital et une chapelle dédiée à Saint-Jacques afin d’accueillir et de soigner les pèlerins. Leur protection est assurée par les Templiers. En 1217, Pons de Douchanès donne à l’Hôtel-Dieu du Puy, ses terres « dels Saltvages ». Après suppression au XIVe siècle de l’ordre des Templiers, l’hospitalet échoit à l’Hôtel-Dieu et les revenus adviennent aux Hospitaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Les prêtres de la collégiale Saint-Médard de Saugues ont en charge le service religieux de la chapelle jusqu’en 1650. Mais, l’édifice tombe en ruine et en 1712, l’Hôtel-Dieu autorise les habitants de Lajo à utiliser les pierres pour construire une église.
Le culte de Saint-Roch se répand à partir du XVe siècle en Europe. Saint Roch est un pèlerin, il contracte la peste lors d’un passage en Italie. Pour éviter toute contagion, il se réfugie dans un bois où il est soigné par un ange et nourri par un chien. Sa guérison miraculeuse, lui permet de reprendre son chemin, il franchit les Alpes, le Lyonnais. Saint Roch passe au Puy avant de traverser la Margeride pour rejoindre sa ville natale. De retour à Montpellier, personne ne le reconnaît et il est mis en prison où il termine sa vie. En Velay et en Gévaudan, le culte de Saint Roch est très développé, il supplante à certains endroits le culte de Saint-Jacques. Son iconographie influe dans ce sens puisqu’il est représenté en habit de pèlerin avec la coquille et le bourdon. Invoqué comme saint anti-pesteux, Saint-Roch montrant sa plaie est également accompagné d’un chien.
Le 14 mai 1652, une Confrérie de Pénitents Blancs est fondée à l’initiative de cinq habitants de Saugues, sous le couvert de Monseigneur de MARCILLAC, évêque de Mende. Sont considérées comme pénitents toutes les âmes pieuses qui souhaitent obtenir l’expiation de leurs pêchés par le biais de la mortification et de la pénitence.
La direction spirituelle de cette Confrérie est assurée par un chanoine de la collégiale Saint-Médard de Saugues. En 1792, la Confrérie est officiellement dissoute, mais elle continue d’exercer clandestinement jusqu’à sa réhabilitation en 1801. Actuellement, elle compte une cinquantaine de membres actifs parmi les habitants du Pays de Saugues. Les confrères participent à la vie de la paroisse, assistent aux messes de funérailles et portent la croix en tête de cortège jusqu’au cimetière. Pour les membres de cette confrérie, chaque année, le temps fort a lieu au cours de la Semaine Sainte, avec la procession du Jeudi Saint. Parfois pieds nus, les pénitents cagoulés portent les instruments de la Passion. Certains sont vêtus de rouge symbole du sang de la passion du Christ. L’un d’entre eux porte la croix à travers la ville et verse une aumône pour pourvoir au fonctionnement de la confrérie.
