
Territoire rural situé entre les Gorges de l’Allier et les monts de la Margeride, la Communauté de communes du Pays de Saugues regroupe 16 communes pour une superficie totale de 41 000 hectares environ.
A l’origine, c’est une montagne dont les sommets oscillent entre 1497 mètres au mont Mouchet et 1551 mètres au sommet de Fortunio, en Lozère. Parr extension, le terme de Margeride a par la suite englobé la région qui s’étend entre les vallées de la Truyère et celle de l’Alagnon à l’ouest, la vallée de l’Allier à l’est, les environs de la plaine brivadoise au nord allant jusqu’à l’entrée des Causses au sud. La Margeride s’étend ainsi sur trois départements : le Cantal, la Lozère et la Haute-Loire.
Comme les Alpes, le massif de la Margeride est seulement âgé de 10 millions d’années. En revanche, le granite, roche qui le compose est vieux de 320 millions d’années. Il se présente sous la forme de grains fins clairs à beige et à la particularité de s’être formé en boules comme par exemple autour du village de Charraix.
Le plateau de la Margeride est tailladé sur son front Est par de profondes vallées qui rejoignent le cours de l’Allier. Entre Vabres et Monistrol d’Allier, la rivière oscille entre vallée élargie et gorges étroites et profondes. Dans cette zone, l’Allier est au contact du granite de la Margeride en rive gauche, tandis qu’en rive droite elle s’écoule sur les coulées de lave basaltique du massif volcanique du Devès. A Monistrol d’Allier, cette caractéristique prend toute son ampleur dans le paysage où des falaises de plusieurs dizaines de mètres dominent le lit de la rivière, tandis que le granite prend la forme de pitons rocheux isolés par l’érosion.
On observe une véritable mutation du paysage à partir de la période gallo-romaine avec une intense déforestation du hêtre afin de généraliser le pastoralisme débuté au néolithique. Le sapin subsiste et de nouvelles essences apparaissent comme le noyer et le châtaignier visibles encore aujourd’hui. Durant la période médiévale, les défrichements s’intensifient avec la mise en place d’un système agro-pastoral essentiellement basé sur la culture du seigle et l’élevage du mouton. L’époque moderne est marquée par une période de forte expansion démographique entraînant une ouverture du paysage avec des terres labourées, des pâturages et des prairies de fauche autour des villages lovés dans des alvéoles. Parallèlement, le XVIIIe siècle connaît une période de grandes disettes placées sous le spectre de la Bête du Gévaudan.
Malgré la persistance du système agro-pastoral au cours du XIXe siècle, le paysage tend à se refermer et les terres cultivées jusqu’alors sont abandonnées au profit de la lande à genêts et du pin sylvestre, devenu l’essence principale des forêts de Margeride. Puis, le paysage margeridien connaît au cours du XXe siècle un reboisement en résineux avec des essences telles que le sapin, l’épicéa et parfois le mélèze. En 1960, on introduit le pin laricio mais ces nouvelles plantations n’arrêtent en rien l’expansion du pin sylvestre. De plus, l’agro-pastoralisme cède la place à l’élevage bovin entraînant ainsi la fin des transhumances et de l’élevage ovin traditionnel. Progressivement, les pinèdes sont reconquises par le hêtre qui n’a jamais totalement disparu, afin de reformer les futaies potentielles.
La présence de l’eau marque le paysage margeridien et lui donne un caractère particulier. Si certains cours d’eau comme la Seuge terminent leur course à travers des gorges encaissées charriant des blocs de granite pour rejoindre l’Allier ; d’autres rivières des plateaux comme l’Ance ou la Virlanges ont leurs lits qui serpentent dans de vastes zones de dépression provenant de l’altération du granite.